Enfants témoins de violence familiale

Omniprésente, la violence faite aux femmes, y compris celle de nature sexuelle, cause du tort aux femmes, peu importe leur âge, leur orientation sexuelle, leur race, leur origine ethnique, leur situation socio-économique et leur religion. 

 

Enfants témoins de violence familiale

La violence...

  • On parle de violence familiale lorsqu’un membre de la famille, un conjoint ou un ex-conjoint tente de dominer un autre, que ce soit sur le plan physique ou psychologique. Il peut s’agir de violence entre époux (il s’agit alors de violence conjugale), mais elle peut toucher les cohabitants et les conjoints de fait.
  • Elle se retrouve dans toutes les sociétés. N’importe qui peut être l’auteur de violence familiale, peu importe sa race, son origine ethnique, sa religion, son sexe et sa classe sociale.
  • Il s’agit d’actes perpétrés par une personne dans le cadre d’une relation pour contrôler l’autre.

Statistiques:

  • Selon l’Étude nationale sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants (ECI-2003), environ un enfant sur cent (soit 1 %) est exposé à la violence familiale.
  • L’Enquête sur la violence envers les femmes de 1993 estime que, chaque année, 298 000 enfants voient, entendent ou sont témoins d’actes de violence conjugale (dans 39 % des ménages aux prises avec la violence familiale).
  • Selon l’Enquête sociale générale (ESG) de 1999 sur la victimisation, on estime à près d’un demi-million le nombre de ménages où les enfants ont été témoins d’actes de violence conjugale au Canada au cours des cinq années qui ont précédé l’enquête (ce qui représente 37 % des ménages où la violence est présente), pour une moyenne annuelle de 322 700 enfants.
  • Un rapport d’UNICEF révèle que selon une étude sur la violence à l’égard des enfants réalisée à l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies et The Body Shop, entre 85 000 et 362 000 enfants sont témoins de violence conjugale au Canada; entre 1,2 et 5,1 % de ces enfants sont âgés de moins de 18 ans. Le rapport révèle également que des enfants sont témoins de violence conjugale dans 60 % des ménages où elle est présente.
  • Au cours de la période d’un an qui a pris fin le 31 mars 2000, quelque de 57 200 femmes et 39 200 de leurs enfants ont été admis dans 448 refuges au Canada. Les trois quarts de ces enfants étaient âgés de moins de 10 ans.

Problèmes qui touchent les femmes et les enfants:

  • Crainte
  • Relation entre l’agresseur et la victime
  • Manque de soutien
  • Manque de ressources et de connaissances
  • Monoparentalité
  • Promesses de réforme
  • Pouvoir et contrôle
  • Mythes au sujet de la violence faite aux femmes

Répercussions:

Sur le plan émotionnel :

  • Deuil en raison de la perte de la famille ou d’une perte personnelle
  • Culpabilité : responsable de la violence
  • Honte : cela ne se produit nulle part ailleurs
  • Culpabilisation
  • Confusion au sujet des sentiments éprouvés à l’égard des parents
  • Peur de l’abandon ou d’exprimer ses sentiments, de l’inconnu ou crainte de blessures corporelles
  • Peur d’exprimer ses émotions (colère), du divorce ou de la séparation, de l’inconnu ou crainte de blessures corporelles
  • Confusion : sentiments de loyauté conflictuels (amour/haine)
  • Impuissance : parce qu’ils sont incapables de prévenir les actes de violence ou d’y mettre fin lorsqu’ils se produisent
  • Colère : au sujet de la violence, chaos; envers eux-mêmes en raison de leur incapacité à mettre fin à la violence et envers le monde parce qu’il a laissé une telle chose se produire
  • Dépression et sentiments de désespoir et d’impuissance : incapacité à changer les choses (surtout les enfants qui assument le rôle de soignant)
  • Gêne
  • Solitude : se sent incapable de demander de l’aide ou craint de le faire; se sent « différent » ou isolé
  • Accablement : assume le rôle de gardien, de parent, etc. alors que c’est inapproprié
  • Méfiance : à l’égard des adultes, même des enseignants, parce que l’expérience révèle que les adultes sont imprévisibles, qu’ils ne tiennent pas leurs promesses ou qu’ils sont mal intentionnés

Sur le plan du comportement

  • Passage à l’acte ou repli sur soi
  • Agressivité ou passivité
  • Refuse d’aller à l’école; cherche des raisons de rester plus longtemps à l’école
  • Prend soin d’une personne; agit comme parent-substitut
  • Ment pour éviter la confrontation
  • Défenses rigides : se montre distant, sarcastique, rigide, accusateur, sur la défensive
  • Comportements visant à attirer l’attention
  • Besoin d’attention excessif
  • Énurésie nocturne et cauchemars
  • Comportement « hors de contrôle »
  • Compétence intellectuelle réduite
  • Manipulation, dépendance, sautes d’humeur
  • Surperformant ou sous-performant
  • Social
  • Isolement social (amis, famille)
  • Les amitiés peuvent commencer de manière intense et se terminer de façon brutale
  • Relations orageuses
  • A du mal à faire confiance aux autres, notamment aux adultes
  • Mauvaise maîtrise de la colère et capacité à résoudre les problèmes
  • Participation excessive aux activités sociales pour éviter de se retrouver chez soi
  • Passivité à l’égard des camarades ou intimidation
  • Entretient des relations d’exploitation

Sur le plan physique

  • Symptômes somatiques, maux de tête et de ventre
  • Nervosité, anxiété, capacité d’attention limitée (ressemble à l’hyperactivité)
  • Fatigue et léthargie : paresse; peur de s’endormir; s’endort à l’école pendant les périodes d’activité peu stressantes
  • Souvent malade (rhumes, grippe)
  • Hygiène personnelle déficiente
  • Régression au niveau du développement : perte apparente d’habiletés apprises antérieurement (p. ex. propreté)
  • Jeu très risqué
  • Violence envers soi
  • Absence de réaction, par moments, à la douleur physique
  • Comportement fréquemment intimidant

Sur le plan cognitif

  • Difficulté à choisir et à terminer une activité ou tâche
  • Se sent responsable de la violence
  • Blâme les autres pour leur comportement (ils n’agissent pas de manière responsable)
  • A l’impression qu’il est acceptable de frapper les personnes aimées pour :
  • Avoir ce qu’il veut
  • Exprimer sa colère
  • Avoir un sentiment de pouvoir
  • Faible estime de soi (ne peut empêcher la violence)
  • Ne demande pas ce qu’il veut
  • Ne fait pas confiance aux autres (ils ont promis de changer)
  • Sent que la colère n’est pas un bon sentiment (cela peut blesser)
  • Être un garçon signifie... être une fille signifie... être un homme signifie... être une femme signifie... être un parent signifie...

 Ce que vous pouvez faire :

Lorsqu’un enfant se confie à vous :

  • Laissez l’enfant vous raconter son histoire
  • Restez calme et rassurez-le
  • Laissez-vous guider par l’enfant
  • Écoutez attentivement
  • N’exercez pas de pression sur lui pour qu’il parle
  • Évitez de critiquer l’agresseur ou de dire du mal de lui
  • Évitez de faire des promesses à l’enfant que vous ne pourrez pas tenir
  • Aidez l’enfant à élaborer un plan de sécurité
  • Quiconque a des motifs raisonnables de soupçonner qu’un enfant a ou peut avoir besoin de protection doit communiquer promptement ses soupçons et les renseignements sur lesquels ils sont fondés à une société d’aide à l’enfance
  • NE LAISSEZ PAS de message sur le répondeur (et n’envoyez aucun document à la maison) au sujet de problèmes éventuels à la maison, car cela pourrait mettre en danger la mère et l’enfant

Si vous avez besoin de soutien ou connaissez une personne qui en a besoin :

Références :

Publications :

Baker, L.  L., Cunningham, A. J. 2005, « Learning To Listen Learning To Help: Understanding Woman Abuse and It's Effects on Children ».

Baker, L. L, Jaffe, P. G. 2002, « Woman Abuse Affects Our Children: An Educator's Guide ».

Baker, L., Jaffe, P., Ashbourne, L. 2002, « Children Exposed to Domestic Violence: An Early Childhood Educator's Handbook to Increase Understanding and Improve Community Responses », Centre For Children & Families in The Justice System.

Cunningham, A., Baker, L. 2002, « Little Eyes, Little Ears: How Violence Against A Mother Shapes Children As They Grow ».

Cunningham, A., Baker, L. 2005, « Professor's Resource Guide To Teaching About Woman Abuse and its Effects on Children ».

Dauvergne, M. et Johnson, H.. 2001, « Les enfants témoins de violence familiale », Juristat, produit no 85-002-XPF au catalogue deStatistique Canada, vol. 21 no 6.

Health Canada. 1999, « A Handbook For Dealing With Woman Abuse and The Canadian Justice System: Guidelines for Physicians ».

Matsakis, A. 1996, « I Can't Get Over It: A Handbook For Trauma Survivors. New Harbinger Publications.